03Mai
« Le burn-out est un processus d’épuisement professionnel lent qui se passe à différents niveaux : émotionnel, physique et psychique. Ça résulte d’un stress chronique, durable dans le temps. Le corps lâche complètement. »

Marlène Bonhomme, 36 ans, victime de burn-out en 2018. Après des années de reconstruction, elle décide de faire de ce moment particulier une force au quotidien. Animée par le partage et l’entraide, elle souhaite parler de son expérience et aider des personnes en situation de burn-out en rejoignant l’association L’BURN & le collectif Les BURN’ettes. En parallèle, elle décide de lancer sa micro- entreprise, La boîte à pulser, destinée à accompagner les entreprises et les entrepreneurs dans la conception de podcasts. (Son premier podcast Super BURN’ettes est disponible sur toutes les plateformes d’écoute) (hMps://podcast.ausha.co/super-burnttes)

Souffrance, épuisement, désespoir, démotivation, fatigue chronique. Comment Marlène Bonhomme a été victime de burn-out ? Comment s’en est-elle sortie ? Quels conseils pourrait t’elle donner aux personnes qui sont victimes de burn-out !
Décryptage by Open Skills Rh.

Pouvez-vous vous présenter et présenter votre parcours en quelques mots ?

« Je suis Marlene Bonhomme. J’ai 36 ans. Je suis maman d’une petite fille d’un an. Je suis chargée de Communication de profession. J’ai travaillé pendant une dizaine d’années dans des collectivités territoriales en tant que chargée de Communication culturelle notemment pour un festival de Musique.

C’est en 2018 que j’ai fait un burn-out. Puis après quelques années de reconstruc4on, je suis aujourd’hui salariée de l’associa4on L’BURN à Bordeaux. Je suis chargée de Communication et d’animation. En parallèle, j’ai créé La boîte à pulser pour accompagner les entreprises et les entrepreneurs à la conception de podcasts de marque et d’interview. J’apporte mon expertise afin que ce média immersif fasse partie intégrante de leur stratégie de communication. »

Pouvez-vous nous présenter l’association LBURN ?

« L’association L’BURN – Les BURN’ettes a été créée en 2019 pour accompagner les femmes victimes de burn-out, les aider dans leur reconstruction et les accompagner dans ce qu’elles vivent. On propose des ateliers, des groupes de parole et de l’accompagnement individuel avec différents professionnels. A la base c’est vraiment une communauté d’entraide qui a été créée sur les réseaux sociaux. Aujourd’hui, on accompagne également les entreprises dans la prévention et la sensibilisation face à l’épuisement professionnel. »

Comment pouvez-vous définir le burn-out ?

« Le burn-out, littéralement ça veut dire brûler, se cramer. C’est un processus d’épuisement professionnel lent. Ça se passe à différents niveaux : émotionnel, physique, psychique. Ça résulte d’un stress chronique, durable dans le temps. C’est un syndrome en fait, pas une maladie. Le corps lâche complètement à ce moment-là, on est rendu trop loin. »

Comment savoir si on est en burn-out ?

« Les personnes qui le vivent le savent trop tardivement qu’elles sont dans cette situation. Souvent, ce sont des personnes dites « fortes », qui vont accepter beaucoup, qui vont être assez perfectionnistes, assez travailleuses. C’est des personnes très engagées et investies. Elles ont du mal à se fixer des limites. Quand dans les entreprises il y a des changements d’organisation, des difficultés avec la hiérarchie, un manque de sens au travail, c’est là qu’on peut aller vers le burn-out.

C’est compliqué de savoir si on est en burn-out. Il y a différents curseurs – attention, il ne faut pas que tout le monde se sente en burn-out ! lol – Y’a des alertes mais sur le long terme. Par exemple lorsque l’on dort 7h ou 8h et que le matin on est encore fatigué ou qu’on enchaine les maladies virales et les bobos toute l’année… En fait c’est le médecin traitant ou bien un psy qui va pouvoir donner un diagnostic. Et parfois les personnes sont dans un déni total de ce qu’ils leur arrivent. »

Quels conseils pouvez-vous donner pour s’en sortir ?

« Il faut faire confiance au docteur quand la relation est bonne. Les medecins sont de plus en plus réceptifs et compréhensifs face à ça. Ils prennent très au sérieux ce sujet. Les conseils que je peux donner c’est de prendre le temps. Au début on peut être en lutte contre soi-même. Il faut se reposer et prendre le temps pour essayer de lâcher prise. Il s’agit de reprendre de l’énergie pour ensuite pouvoir entamer le processus de reconstruction. Le conseil aussi c’est de s’entourer de plusieurs professionnels : c’est l’accompagnement pluridisciplinaire qui fera le meilleur travail de reconstruction. Le rapport au corps est également important lorsqu’on se crame, on peut se reconnecter à la nature, au mouvement… L’objectif c’est d’abord de se reposer, puis de retrouver du plaisir et de la joie, de la confiance et l’estime de soi. Et ainsi, pas après pas, de retourner vers le chemin du travail progressivement. »

Que retenir de notre échange avec Marlène Bonhomme, victime de burn-out ? En quelques points….

  • Chacun à sa propre définition du burn-out. Nous pouvons retrouver différentes nuances dans les caractéristiques de ce phénomène. Cependant, il est essentiel de voir le burn-out comme processus d’épuisement professionnel lent.
  • Les entreprises doivent prendre conscience de l’importance et de la gravité du burn-out. Elles doivent être formées sur ce phénomène afin de pouvoir intervenir auprès de leurs salariés par de la prévention et de la sensibilisation.
  • Le burn-out est caractérisé par une réelle souffrance au travail. C’est un bouleversement. Ce phénomène ne doit pas être banalisé. Les personnes qui ont vécu un burn-out traversent une longue phase de reconstruction. Ces personnes sont vulnérables et doivent se « réparer ». Cette phase peut laisser de nombreuses séquelles.
  • Il existe de véritables professionnels de santé qui sont formés à l’accompagnement des personnes victimes de burn-out.
  • A travers notre échange avec Marlène, nous pouvons comprendre qu’il y a des personnalités qui sont plus susceptibles d’être victimes de burn-out. On parle notamment des personnes perfectionnistes qui sont engagées et très investies dans leur travail.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.